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"Bière", "blanc", "enfants", "boules" : l’incroyable langage codé d’un vaste trafic de drogue à Louvain-La-Neuve décrypté

7 septembre 2020

On en sait beaucoup plus sur un incroyable trafic qui s’est développé pendant plus de deux ans, à Louvain-la-Neuve, impliquant au moins 13 individus, avec à leur tête des fournisseurs qui se ravitaillaient aux Pays-Bas. On apprend ainsi qu’il y a encore aujourd’hui des trafiquants qui ne se méfient pas des écoutes sur leur GSM. Ils utilisent en revanche un vocabulaire codé qu’il a fallu décrypter. D’où ce dictionnaire insolite : le langage codé des trafiquants de drogue !

Les enquêteurs ont vite compris que "truc"et "bazar" avaient un sens convenu. Il n’était pas plus compliqué de comprendre que quand on parlait de "bière", il n’était pas question de celle qui coule à flots dans les bistrots de LLN, mais de cannabis (le cannabis a la couleur de la bière). De la même manière que du "blanc", toujours en fonction de la couleur, signifie "cocaïne". Donc on passe commande ainsi : "Demain, amène 5 bouteilles de vin blanc".

Il a fallu du temps pour saisir le sens du mot "enfant" dans la phrase : "Les enfants viennent de se lever". Les enquêteurs ont fait la lumière le jour où ils ont perquisitionné le kot du chef de bande, un Polonais dont le nom (ça ne s’invente pas alors que cela se passe à Louvain-la-Neuve) est Monsieur Kot. Tomasz Kot, né le 11 mars 1985 à Cracovie !

Dans son kot, Kot cultivait des pousses de plants de cannabis. Et donc, oui, bonne nouvelle : " les enfants viennent de se lever". Et soudain, le sens caché de : "Il faut nourrir les enfants" et "s’occuper des enfants", s’éclairait.

Hormis le "vin blanc" et "la bière", la bande fournissait du "weed", des "bottes de menthe" et des "boules". Elle livrait des "fromages" (stupéfiants) dans les "guitares"(caches) habituelles. Et c’était du "top top qualité" : les analyses ont d’ailleurs noté des taux de concentration de delta 9-THC et THCA supérieurs à 0,2 %.

On prévenait les consommateurs estudiantins : "Attention, c’est des bombes de MDMA conditionnées à 0,7 gr. Si on dose mal, on est out toute la soirée".

Le trafic a été sous observation pendant des semaines, en particulier les allées et venues d’une camionnette Mercedes Vito du côté de la place de la Marjolaine et des parkings souterrains de certains bars à students. Ils ne disaient pas qu’ils allaient livrer à Louvain-la-Neuve : ils allaient livrer "au village". Par petites quantités, rarement plus de 300 grammes à la fois. Mais c’était quasi quotidien.

Les revendeurs se faisaient de belles fins de mois en dealant à des prix compris entre 4,6 et 6 euros par gramme vendu. Ajoutons qu’ils ont bien fait rire quand ils ont voulu faire gober qu’ils ne trafiquaient pas de la drogue chez les students, mais du Kamagra en gel (NdlR, un médicament indiqué pour les troubles de l’érection).

Les enquêteurs ont calculé que ce trafic, qui a duré les années 2017, 2018 et une partie de 2019, leur a certainement rapporté plusieurs centaines de milliers d’euros.

Avant Louvain-la-Neuve, le fameux Tomasz Kot avait déjà été condamné à 7 ans, à Cracovie : la cour d’appel de Bruxelles vient de lui en ajouter 6.

Alexis Tumba Kalunkenda est un autre phénomène. C’est lui qui a osé insulter une juge nivelloise de : "Je t’enc…, grosse salope ; tu es une folle" (l’outrage à magistrat lui avait valu une peine de 4 mois). Tumba, 39 ans, en est à sa dixième condamnation depuis octobre 2000, et le Bruxellois vient de récolter 40 mois supplémentaires. Au final, les 13 sont tous condamnés. Défendus pas les avocats spécialisés Charlotte Demptinne, Morgan Bonneure, Pierre Deutsch et Jean Mélence Nkubanayi, les petits revendeurs récoltent des heures de travail.

https://www.dhnet.be/actu/faits/biere-blanc-enfants-boules-l-incroyable-langage-code-d-un-vaste-trafic-de-drogue-a-louvain-la-neuve-decrypte-5f526c199978e2322f6f84fb

Law

Un automobiliste avait renversé un migrant

08 septembre 2021

L’accident a lieu le 31 mars 2019 vers 22 h 30 le long de la chaussée de Hannut, à 300 mètres du centre Fedasil où réside Riad, un demandeur d’asile âgé de 39 ans et originaire d’Algérie.

Celui-ci roule à vélo en direction d’Hannut, porteur d’un gilet fluo. On est certes en pleine soirée, mais la visibilité est bonne, ainsi que le noteront les policiers arrivés une demi-heure plus tard.

Ils découvriront une pièce du rétroviseur de la voiture. Elle permettra d’identifier Kevin G., un Français âgé de 25 ans, domicilié à Orp-Jauche. Deux jours plus tard, un agent de quartier apercevra une voiture Opel Astra sans rétroviseur.

Le rapport de l’expert judiciaire est clair: le cycliste était visible et prévisible à au moins 150 mètres sur une route où la vitesse est limitée à 70 km/h. L’automobiliste, qui roulait dans la même direction, devait circuler à une vitesse comprise entre 110 et 125 km/h.

Percutée de plein fouet, la victime fut projetée sur le pare-brise puis traînée sur plusieurs dizaines de mètres. Aucune trace de freinage ne fut relevée.

Le parquet retint à sa charge les préventions d’homicide involontaire, non-assistance à personne en danger, délit de fuite.

Le dossier fut examiné lors de l’audience du tribunal de police de Nivelles (section de Wavre) le 16 juin dernier. Une peine de dix-huit mois de prison avec déchéance de deux ans fut requise.

Me Mayence plaida la requalification en homicide volontaire assorti de la circonstance aggravante du mobile discriminatoire. Il basa sa plaidoirie sur la teneur des mails échangés peu après les faits entre l’automobiliste et sa petite amie à qui il venait de raconter ceux-ci.

«T’as chopé un Arabe?», s’inquiéta-t-elle. Pour toute réponse, il lui adressa une émoticône «mort de rire» suivie, une heure plus tard, de «J’ai peur, j’ai peut-être tué un Belge.»

Emoticônes à l’appui, elle répliqua «Tu viens de me tuer là, mon chéri. Tuer un Belge, c’est grave, mais tuer un Arabe, c’est balek» («tu t’en fiches»). Il conclut la conversation le lendemain matin. «J’espère vraiment que c’est un Arabe, parce que je m’en voudrais toute ma vie.»

Le jugement est tombé ce mercredi: deux ans de prison dont la moitié avec sursis probatoire (un suivi psychologique), une déchéance de deux ans avec sursis pour moitié et obligation de représenter les quatre examens requis (théorique, pratique, médical et psychologique).

Le tribunal s’en est tenu à l’homicide involontaire. L’automobiliste a reconnu une faute d’attention, il consultait un message qui venait de tomber sur son GSM. Il crut d’abord avoir renversé un animal.

Le mobile discriminatoire n’a pas été retenu: l’échange des SMS choquants est postérieur à l’accident. L’automobiliste devra payer 15 000 euros à l’épouse de la victime, 11 000 à son père, 6 000 à sa mère, 1 800 euros à son demi-frère.


https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210908_01612569/un-automobiliste-avait-renverse-un-migrant-j-espere-vraiment-que-c-est-un-arabe

Business Meeting

TC Nivelles - Cinq ans de prison avec sursis total pour avoir tenté de tuer son ex-compagne à Nivelles

20 mars 2018

Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a condamné mardi Gary K., un ancien habitant de Nivelles né en 1973, à cinq ans d'emprisonnement avec un sursis probatoire total. L'homme était poursuivi pour une tentative de meurtre commise le 20 octobre dernier à Nivelles, à l'encontre de son ex-compagne et mère de son enfant. Gary K. avait vécu 15 ans avec la victime, et le couple était séparé depuis trois ans. La dame avait cependant accepté de l'héberger parce que son ancien compagnon connaissait d'importants problèmes personnels. Mais il l'a étranglée jusqu'à ce qu'elle perde connaissance.


La victime s'était présentée au commissariat de police de Nivelles peu après les faits, visiblement perdue, le teint très pâle et des marques rouges étaient visibles sur son cou. Le prévenu, qui tentait de maitriser sa consommation d'alcool en prenant des médicaments, souffrait de sautes d'humeur et ce jour-là, il s'en était d'abord pris à elle en paroles.

Lorsqu'elle lui avait demandé de ne pas lui parler comme cela, il lui avait serré le cou avec ses deux mains, et n'avait relâché son étreinte que lorsque la dame avait perdu connaissance et était tombée au sol.

"Je vais te montrer ce que c'est de mourir", avait vociféré le prévenu en l'étranglant. Alors que la défense avait contesté l'intention homicide, le tribunal, dans le jugement rendu mardi, estime que la prévention de tentative de meurtre est établie. Le sursis probatoire total accordé au prévenu prévoit notamment une obligation d'abstinence totale pour la consommation d'alcool et un suivi régulier par un psychiatre.

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20180320_01142871/tc-nivelles-cinq-ans-de-prison-avec-sursis-total-pour-avoir-tente-de-tuer-son-ex-compagne-a-nivelles

Justice

Jusqu’à deux ans de prison pour un trafic qui prenait de plus en plus d’ampleur.

18 aout 2020

En mars 2020, une lettre anonyme a attiré l’attention de la police sur les activités d’Adrien, un habitant d’Orp-Jauche né en 1997. On y dénonçait ses activités de dealer à partir de son domicile et les livraisons qu’il effectuait chez certains clients, en circulant à bord de sa voiture de marque allemande.

Des observations ont été réalisées et les policiers ont assisté à quelques transactions. L’enquête a montré aussi qu’il était en relation avec Dorian M., un habitant de Ramillies qui avait déjà eu des ennuis judiciaires pour trafic de drogue. Il est apparu que c’était ce dernier qui fournissait Adrien, à raison d’un kilo de cannabis par semaine.

La marchandise venait de la région de Liège : pour s’y rendre, Dorian avait recruté Pierre, un Wavrien qui disposait d’une voiture et lui servait de chauffeur. Il était rémunéré en cannabis et son carburant était payé. Cette petite organisation fonctionnait plutôt bien puisque lorsque la police a mis fin au trafic, Adrien comptait une centaine de clients à qui il fixait des rendez-vous via le réseau social SnapChat. Chez lui, on a saisi plus de 15 000 euros.

Interrogé par les enquêteurs sur ses motivations, le jeune homme, qui avait un travail, a indiqué qu’il voulait au départ financer sa consommation mais aussi se payer une belle voiture.

Dorian était tout aussi intéressé par l’argent : fournissant en gros uniquement, il n’est même pas consommateur… Le tribunal correctionnel lui inflige 2 ans de prison et 16 000 euros d’amende, avec un sursis pour la moitié de ces peines. Adrien, lui, s’en tire avec une peine de travail de 275 heures mais devra payer 10 000 euros d’amende et une somme de 25 000 euros lui est confisquée.

https://www.dhnet.be/regions/brabant/jusqu-a-deux-ans-de-prison-pour-un-vaste-trafic-de-stupefiants-dans-l-est-du-brabant-wallon-5f3adf847b50a677fbb4c0e0